Dessin·Humeur de Margot·Vivre avec le cancer

Humeur de Margot: Visite de contrôle éprouvante.

 

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Hier après midi, j’avais ma première visite de contrôle avec mon oncologue. La nuit précédent fut très mauvaise, mes rares moments de sommeils étant ponctués de cauchemars.

Je suis partie en cours avec une boule au ventre, j’avais un mauvais pressentiment. De retour chez moi, j’ai passé l’après midi à regarder l’heure, et à me dire qu’il allait trouver un truc qui cloche chez moi. Est ce que c’est encore en moi?

« J’ai le regret de vous annoncer que l’on a trouvé une masse sur tel ou tel organe de corps de votre fille. »

Mince, voilà qu’il est déjà 16 heures, l’heure de partir pour mon rendez-vous.

« Rendez vous »Dois-je vraiment me rendre à la fatalité? n’y a t’il aucune échappatoire?

Dans la voiture, j’ai repensé à la mine de mes proches, quand ils ont appris pour mon cancer. Et c’est là que j’ai fait ma première attaque de panique.

Sans réfléchir, comme dans un état second, j’ai ouvert la portière de la voiture à un feu rouge et je me suis enfuie. J’ai courue tout droit, sans savoir ni voir ou j’allais, les yeux emplis de larmes. Je ne sais combien de temps j’ai couru, mais je ne me suis arrêtée qu’une fois arrivée dans une impasse. Papa est arrivé quelque secondes plus tard complètement essoufflé. J’ai cru qu’il serait en colère mais ça seule réaction fut de me prendre dans ses bras.

Peut être avait-il besoin d’un appui après cette course endiablée! Après tout, il n’est plus tout jeune.

Il m’a réconfortée et m’a ramenée à la voiture, une valse d’insultes nous accueillit. Notre véhicule bloquait toujours la route.

Devant l’hôpital il me tient la main et ne me lâcha pas. Surement n’avait il plus envie de courir. Il dut me tirer un peu sur les derniers mètres nous rapprochant du bureau de mon médecin.

Résultat des (de la?) courses? Rien! J’ai paniqué pour rien! Tout vas bien, et je me sent extrêmement bête de mettre mise dans un état pareil.

J’ai eu un cancer, j’ai été opérée, normalement il a disparue mais peut être réapparaîtra t’il un jour. La peur de son retour sera en moi pendant un certain temps encore (c’est ce que représente mon dessin). J’espère juste qu’elle sera un peu moins présente lors de mes prochaines visites de contrôle sinon mon papa risque d’être bien préparé pour gagner un marathon, ou il métra la sécurité enfant pour que je ne puisse pas ouvrir la portière.

Humeur de Margot·Vivre avec le cancer

Le moment ou j’ai perdu ma voix!

Là bas je n’avais pas internet alors je vous poste ce que j’ai écrit, au jour le jour dans mon journal intime.

Mercredi 28 décembre

J’ai repris connaissance en salle de réveil. Il faisait froid. Je ne sais combien de temps j’y suis restée mais j’ai cru que ça avait durée une éternité. Sûrement à cause des produits anesthésiques et à cause de mon imagination débordante, je me serai presque crue au purgatoire. Sans la dose de calment, je pense que j’aurai fait une crise de claustrophobie. Puis une aide soignante est venue me ramener dans ma chambre. (Alléluia, ce n’est pas un ange et je ne suis pas morte!) Mes parents et ma sœur Olivia m’attendaient à la sortie de l’ascenseur. J’avais l’esprit encore embrumé mais j’étais heureuse de les voir.

Je ne sais pas quelle heure il était, mais en entrant dans ma chambre, je me suis rendu compte que j’avais une nouvelle colocataire. Une fille de 8 ou 9 ans occupait le lit en face du mien. J’ai voulu lui dire bonjour mais aucun son n’est sortie. sur le moment je me suis contentée d’un geste de la main, de toute façon elle était trop absorbée par Shrek qui passait à la télévision. Quand j’essaie de parler, ça me fait comme une extinction de voix, même en m’époumonant, rien ne sort. J’ai essayé toute la nuit de produire un son, mais toujours cet horrible silence, interrompu par mes quelques reniflements entre deux sanglots, seules témoignages de ma détresse. C’est donc cela être muette.

Papa m’a donné un tableau blanc et un Velleda pour communiquer, Je le haïs déjà. Le médecin est passé 1 heure plus tard, il dit avoir pu tout enlever. À priori, plus de cancer. Il est trop tôt pour me considérer guérie, alors je resterais sous surveillance pendant plusieurs mois pour être sûr qu’il ne reviennent pas. En tout cas, il y aura diminution de mon traitement. Fini les sensations d’être en permanence malade! Enfin pour l’instant, quand les calmants ne font plus effet, j’ai l’impression d’avoir une angine carabinée.

Crise de panique au moment du repas. Tout avais un goût de carton. Je me suis jetée sur la boite de Ferrero rocher apportée par Olivia, insipide. On m’a rassurée en me disant que c’était temporaire et en effet le lendemain matin au petit déjeuner j’ai pu regretter d’avoir retrouver le goût pour boire ce café infect.

Jeudi 29 décembre

Le son de la télé m’a réveillé. Des dessins animés, j’aurai bien dormi un peu plus mais comment en vouloir à une gamine qui ne cherche qu’un peu de réconfort. Moi même, en l’absence de ma famille, en ce lieu, je me sens mal à l’aise.

10 heure, heure des visites. Une très jolie jeune femme est entrée, elle était en tenue d’infirmière, mais c’était la maman de Noémie, ma jeune camarade. Elle doit travailler dans un autre service. Elle me dit bonjour, et machinalement, je lui répondu de ma voix inaudible, avant de lui renvoyer la politesse avec mon tableau.

Une dizaine de minutes plus tard une autre jolie brune se présenta à la porte, Olivia, avec un étui que je ne connais que trop bien. Ça m’a fait si chaud au cœur que j’en étais émue au larmes. Je l’ai serré dans mes bras, tel une bouée de sauvetage tout le long de sa visite, un peut trop brève à mon goût, mais elle devait aller travailler.

Noémie, intriguée profita du départ de ma sœur pour me demander ce que c’était. Je l’ouvris et sorti mon violon. Elle me supplia de jouer un morceau, je ne me fit pas prier et j’ai joué la première chose qui m’est passé par la tête. Ce fut un extrait du canon de Pachelbel.

Enfin, enfin je me sentais en paix, détendue par le son du crin de mon archet frottant la corde de mon violon, voilà mon réconfort. Pendant un instant je sentis la main rassurante de mon grand père que j’aimais tant et précédent propriétaire de mon instrument sur mon épaule, mais comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup d’imagination.

Noémie avait des étoiles dans les yeux, alors je me suis mise à jouer des airs de Disney, jusqu’à ce qu’on me demande d’arrêter. J’ai du casser les oreilles de tout les résidents. XD C’est compliquer de jouer du violon peu fort. 😅 Mais j’étais contente d’avoir rendu heureuse ma camarade de chambré, et savoir mon violon près de moi était suffisant pour me rassurer et pour m’aider à supporter mon hospitalisation.

On a beaucoup parlé, enfin j’ai beaucoup écrit. On a beaucoup rit.

Mon rire est un rire silencieux mais je peux rire ! Moi qui était effondrée la nuit précédente, je peux rire !

Noémie est partie en chirurgie un peu avant midi. L’opération a due être lourde parce qu’elle n’est revenue que vers 18 heure. J’ai beaucoup prié pour elle.

Maman et Papa sont passés dans l’après midi avec une peluche! Je sais que normalement c’est pour les enfants mais j’adore ça. Je rêve secrètement de plonger dans une piscine de peluches ! Je les ai supplier d’aller me chercher un Big Mac au Macdo du coin de la rue pour le repas du soir mais ils ont pas voulut. Snif !

Après ça j’ai fait du charme à l’aide soignant (plutôt beau gosse il faut dire) qui était venue voir si tout allait bien. J’ai même essayé de le corrompre avec 12 ferrero rocher mais sans succès. 😭 Résultat, au menu du soir : rôtie de bœuf caoutchouteux, purée fadasse et petit poids en conserve! La bouffe était meilleur quand je ne la sentais pas en fait!

Vendredi 30 décembre

Matinée dessins animés et on a parlé de garçons, de Théo son amoureux, de comment on sait quand on peut embrasser quelqu’un et ce genre de discussions que j’aurai pu tout à fait avoir avec une petite sœur et qu’Olivia a eu avec moi.

A midi, Oh joie ! Des lasagnes ! Enfin un truc de comestible ! Et de la glace en dessert ! Il faut se faire hospitaliser la veille d’un jour de fêtes pour ne pas mourir de faim à l’hôpital, c’est noté !

Après le repas, je me suis hâtée à retirer ma chemise d’hôpital, pour enfiler mon jean, un t-shirt et un pull en laine tout doux. C’est peut être stupide mais je me suis senti l’irrésistible envie de me maquiller. Comme si j’avais besoin de retrouver ma féminité. Comme si le fait d’avoir été hospitalisée ou la chirurgie me l’avait retiré. Je n’arrive pas à me l’expliquer, mais me mettre du mascara, du rouge à lèvre et même du verni à ongle (je ne sais pas ce qu’il faisait dans mon sac), à ce moment précis, ça m’a fait tellement de bien!

Olivia et mon amour de neveu sont venue me chercher à 14 heures pour me ramener à la maison. Avant de partir je fis un gros câlin à Noémie et lui souhaita tout ce qu’elle pouvait bien désirer. Notre rencontre fut brève mais je pense qu’elle m’a marquée durablement. Je lui ai laissé ma peluche en souvenir, j’ai pensé qu’elle en aurait plus besoin que moi.

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Repos forcé!

Me voilà à la maison. Toute ma famille est la pour m’accueillir et ça me fait chaud au cœur. Le seule problème c’est que tout le monde me croit en sucre. J’ai ordre de me reposer, du coup j’en profite pour vous raconter ce qui est un tournant majeur de ma vie.

Vivre avec le cancer

Posté le 20/12/2016: Comment j’ai su que j’étais malade et ou j’en suis.

Si il y a un truc qui guide ma vie depuis aussi longtemps que je me souvienne, c’est la musique et surtout le chant.
Grand mère qui vivait au canada était chanteuse de cabaret, elle m’a donnée mes premiers cours de chant. Naturellement je suis entrée dans la chorale de mon église, puis celle de mon collège et dans d’autres ensembles vocaux en tant que soprano.
Mais un jour ma voix est devenue plus enrouée. On a d’abord mis ça sur le dos d’une laryngite puis, voyant que ça ne passait pas, on a pensé que c’était due à des nodules, un problème qui arrive à beaucoup de chanteurs. Le surmenage des cordes vocales entraîne la formation de petites boules à leurs surfaces, ce qui modifie la voix. Un seule traitement, interdiction de parler pendant un long moment.
Mais dans mon cas il n’y a pas eu d’arrangements de la situation, ça a même empiré.
C’était le mercredi d’il y a deux semaines, dans l’après midi. Léon, mon petit ami et moi faisions des crêpes à la banane pendant que papa travaillait dans le salon. Au moment de faire sauter l’une d’elle J’eus une grosse quinte de toux. Une fois fini, ma main était couverte de sang.
Résultat :direction les urgences. Le diagnostique tomba : Cancer de la gorge.
« Ça valait le coup de se priver, moi qui ne fume quoi que ce soit, tabac ou autres…» C’est tout ce qui me vint en tête à ce moment la.
Je me suis mise à flipper quand j’ai vue la frayeur dans le regard de Maman qui nous avait rejoint. Elle est un pilier pour moi, une encre à la quelle, en temps normal je peux m’accrocher quand tout par à la dérive autour de moi mais cette foi si elle vacillait. Je ne l’avais jamais vue se laisser envahir par ses émotions auparavant.
Papa, lui était effondré, il avait perdu Grand papa d’un cancer des os quelques années plus tôt. Et Léon qui avait été blême en voyant ma main ensanglantée était sous le choc et restait sans bouger a bafouiller dans un coin de la pièce.
Sur le moment c’est ce qui m’a fait le plus de mal, et c’est toujours ce qui me blesse le plus.
Maman qui en tant que médecin, s’en veut de ne pas avoir pu me diagnostiquer, Papa qui crains de me perdre comme il a perdu son père et Léon qui est mort d’inquiétude, même si il fait tout pour le cacher tant bien que mal au jour le jour et jouer le mec confiant sur la suite des choses.
Mais ils sont là pour moi et je serai là pour eux aussi longtemps que je respirai.
Je ne sais pas toujours qui soutient qui mais, je sais que je ne traverserai pas cette épreuve toute seule et quoi qu’il arrive, je me battrai pour eux.
Sans compter que j’ai les meilleurs amies du monde, il y a deux heures elles sont venue m’apporter une Pizza d’anniversaire!
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Oui vous avez bien lu, une pizza! Le jour ou je me marierai, je veux un pizza à la place d’un pièce monté!
Je suis encore tout émue de leur passage.

Je vous aime !

Bref dans tout ça, ou j’en suis ?
Et bien on me bourre de médicaments. Je ne sais pas vraiment ce que j’avale mais ça me rend malade comme un chien, c’est à se demander si ce sont pas eux qui auront ma peau. ^.^’
A ce que j’ai cru comprendre, ils sont sensés réduire la tumeur (« tu meures » ils auraient pu trouver un nom qui fasse un peu moins froid dans le dos pour appeler ça!) pour ensuite pouvoir la retirer.
Si tout se passe bien, je passe Noël à la maison et mardi j’entre à la clinique ou ils vont me retirer une partie du larynx. Fini le chant, adieux ma voix. Je serai totalement muette. Je suis triste, mais il faut aller de l’avant et de toute façon, je n’ai pas vraiment le choix et il vaut mieux ça si c’est pour me débarrasser de cette saloperie! Enfin, il me restera toujours le violon.
Pour la suite je resterai sous médoc pendant un petit moment et j’aurai droit à une visite chez le médecin tout les mois pendant la première année pour voir si tout est fini ou si mon cancer réapparaît.
Rebelote l’année prochaine avec des rendez-vous plus espacés si tous se passe bien.
J’ai un peu la frousse pour l’opération, mais pour l’instant je tiens le coup.